Ce que vous devez savoir sur le dépôt de bilan pendant arrêt maladie
- Être en arrêt maladie ne vous prive d’aucun droit lors du dépôt de bilan : votre contrat de travail continue d’exister et vos indemnités journalières sont préservées
- L’AGS (Association pour la Gestion du régime de garantie des créances des Salariés) a versé plus d’un milliard d’euros d’avances de salaires par an, garantissant le versement des indemnités en cas d’insolvabilité de l’employeur
- Un licenciement ne peut pas être motivé par votre état de santé, même en liquidation judiciaire : seule une cessation totale d’activité justifie un licenciement économique
- Plus de 50 000 entreprises ouvrent une procédure collective chaque année en France selon la Banque de France, affectant des milliers de salariés en arrêt de travail
- Vos indemnités journalières de la Sécurité sociale restent insaisissables par les créanciers, y compris en cas de faillite personnelle de votre dirigeant
Un arrêt maladie qui traîne, et puis cette lettre recommandée qui tombe : votre entreprise est placée en redressement judiciaire. Panique à bord. Vous vous demandez si votre dépôt de bilan pendant arrêt maladie signifie la fin de vos droits, ou pire, la fin de votre salaire.
La réponse tient en une phrase : être en arrêt maladie ne vous prive d’aucun droit quand votre employeur dépose le bilan. Vous restez salarié, vous gardez vos indemnités journalières, et la procédure collective ne change rien à votre statut immédiat. Mais les mécanismes qui se déclenchent ensuite méritent d’être expliqués clairement, parce que personne ne le fait vraiment.
Selon les chiffres de la Banque de France, plus de 50 000 entreprises ouvrent une procédure collective chaque année en France. Une partie de leurs salariés sont, au moment des faits, en arrêt de travail.
Le dépôt de bilan pendant arrêt maladie change-t-il votre situation ?

Concrètement ? Non, votre contrat de travail continue d’exister. Le dépôt de bilan ouvre une procédure de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire, mais il ne rompt aucun contrat automatiquement.
Le mandataire ou l’administrateur judiciaire reprend la gestion de l’entreprise, y compris ses obligations patronales envers vous. Il doit continuer à déclarer votre arrêt à la Sécurité sociale et transmettre les éléments nécessaires au versement de vos indemnités.
Votre protection juridique pendant l’arrêt maladie reste identique à celle d’un salarié en poste actif. Le Code du travail ne prévoit aucune exception liée à l’état de santé dans le cadre d’une procédure collective. C’est un point que beaucoup ignorent, et ça change tout dans la manière d’aborder la situation !
Ce que dit précisément le droit du travail
Les procédures collectives – sauvegarde, redressement, liquidation – sont encadrées par le Code de commerce, mais elles n’écrasent jamais le Code du travail. Votre arrêt maladie continue de produire ses effets classiques : suspension du contrat, versement des indemnités, protection contre un licenciement abusif lié à l’état de santé.
Qui vous verse encore vos indemnités pendant la procédure ?
Une entreprise en redressement judiciaire n’a plus forcément de trésorerie disponible. Voilà pourquoi la garantie des salaires AGS existe : elle avance les sommes dues aux salariés quand l’employeur ne peut plus payer.
L’AGS (Association pour la Gestion du régime de garantie des créances des Salariés) intervient sur demande du mandataire judiciaire. Elle couvre les salaires impayés, mais aussi certaines indemnités liées à la rupture du contrat, dans une limite fixée par plafond.
- Les indemnités journalières de la Sécurité sociale continuent d’être versées indépendamment de la santé financière de l’employeur.
- Le complément employeur, lui, dépend de la trésorerie et peut être pris en charge par l’AGS.
- Les allocations maladie et la dette personnelle de l’entreprise ne se mélangent jamais : vos IJSS restent votre argent, insaisissable par les créanciers de la société.
D’après les données de l’AGS, l’organisme a versé plus d’un milliard d’euros d’avances de salaires par an ces dernières années, tous secteurs confondus.

Licenciement pendant une maladie longue durée : quels sont vos droits ?
Une liquidation judiciaire prononcée, et la question du licenciement arrive vite sur la table. La procédure de licenciement pendant une maladie de longue durée obéit à des règles strictes, même en contexte de faillite.
Un employeur, ou un liquidateur, ne peut pas licencier un salarié simplement parce qu’il est malade. Ce serait discriminatoire, et clairement illégal. En revanche, si l’entreprise cesse totalement son activité, le licenciement économique collectif s’applique à tous les salariés, arrêt maladie ou non.
Le point sensible, c’est la cessation d’activité sans cause économique réelle. Si un employeur invoque la liquidation pour se débarrasser discrètement d’un salarié malade, c’est un motif de contestation aux prud’hommes. Et franchement, ça arrive plus souvent qu’on ne le pense.
Le cas de la liquidation judiciaire
Le statut du salarié en liquidation judiciaire ne s’efface pas du jour au lendemain. Le liquidateur doit respecter la procédure de licenciement classique : convocation, entretien (souvent allégé en procédure collective), notification écrite. La maladie ne bloque pas le licenciement économique, mais elle bloque toute forme de licenciement disciplinaire lié à l’absence elle-même.

Que devient votre assurance invalidité si l’employeur fait faillite ?
Votre entreprise disparaît, mais votre contrat de prévoyance, lui, suit des règles à part. La question de l’assurance invalidité en cas de faillite de l’employeur revient souvent, et à raison.
Si l’entreprise avait souscrit un contrat collectif de prévoyance auprès d’un assureur comme AXA, Malakoff Humanis ou Klesia, ce contrat continue généralement à produire ses effets pour les sinistres déjà déclarés. La loi Évin encadre justement le maintien de ces garanties après la rupture du contrat de travail.
Vérifiez votre contrat de prévoyance sans attendre. Ne laissez jamais ce point de côté, il conditionne votre reste à charge en cas d’invalidité prolongée.
Après la faillite : chômage, dettes et continuité de salaire
Votre indemnisation maladie s’arrête un jour, et l’après-liquidation pose d’autres questions. Les indemnités chômage après une insolvabilité de l’employeur suivent le régime classique de la perte d’emploi involontaire.
France Travail (ex-Pôle emploi) considère un licenciement pour motif économique lié à une liquidation comme une perte d’emploi involontaire, ouvrant automatiquement droit à l’allocation chômage (ARE). Aucune pénalité liée à votre arrêt maladie antérieur ne s’applique.
| Situation | Qui paie | Continuité assurée |
|---|---|---|
| Arrêt maladie pendant la procédure | Sécurité sociale (IJSS) | Oui |
| Complément employeur | AGS si besoin | Sous conditions |
| Licenciement économique | France Travail (ARE) | Oui |
| Invalidité déjà déclarée | Assureur prévoyance (loi Évin) | Oui, en principe |
La continuité de salaire pendant la période d’insolvabilité repose donc sur plusieurs acteurs, jamais sur l’employeur seul. C’est justement ce qui rassure : le système est fragmenté, mais il tient. Un créancier public, comme l’URSSAF ou le Trésor Public, ne peut jamais se servir sur vos indemnités journalières, qui restent insaisissables.
La restructuration d’entreprise met-elle en danger un salarié en arrêt maladie ?
Une restructuration d’entreprise qui s’accompagne d’un plan de sauvegarde de l’emploi inquiète toujours davantage les salariés en arrêt. Pourtant, la loi impose que les critères de licenciement économique restent objectifs : ancienneté, charges de famille, qualités professionnelles. L’état de santé n’en fait jamais partie, et c’est non négociable.
Ce qui m’agace, c’est de voir des salariés fragilisés par la maladie se laisser convaincre qu’ils ont « moins de droits » que les autres pendant une procédure collective. C’est faux, et il faut le marteler. Vos droits en tant que salarié face à la faillite personnelle de votre dirigeant, ou à la faillite de l’entreprise, restent intacts.
Gardez votre arrêt de travail à jour, contactez le mandataire judiciaire si votre salaire tarde, et vérifiez votre contrat de prévoyance sans attendre. Le dépôt de bilan pendant arrêt maladie ne vous rend pas plus vulnérable si vous connaissez ces mécanismes. Bougez maintenant, pas dans six mois !